J'AIME CE BLANC AVANT TOUT...

« J’aime ce blanc avant tout … » est un environnement interactif, dont l’interactivité est utilisée tout particulièrement pour réagir à la présence du spectateur.
Au centre de la salle est posée une boîte métallique, dans laquelle se trouve un moniteur, l’écran tourné vers le haut. De la boîte émergent une multitude de long fils. Quand l’installation est seule, l’écran montre une image de tissus blanc.
Lorsqu’un visiteur s’approche et reste suffisamment longtemps, une vidéo et une musique se déclenchent. Par ailleurs, le sens de lecture du film se trouve systématiquement face au visiteur, quel que soit son côté d’arrivée…
Dans la vidéo apparaît progressivement un homme vu de haut, vêtu de blanc. Il bascule en se libérant d’une corde nouée autour de son corps. Il peut rester inerte ou non, disparaître, stagner… Ses mouvements ne sont ni variés ni amples.
Il reste suspendu au temps et à l’espace… Son apparition est incertaine, un simple recul du spectateur et le film redescend, s’éloigne ; l’écran retourne à l’état de blancheur, le son s’évanouit.
Au début de ce travail, j’avais imaginé un environnement en images de synthèse, en 3D. Mais je n’étais pas satisfaite. L’esthétique ne me convenait pas.
Plus j’avançais dans mes recherches et plus je me rendais compte que la vidéo était en fait le meilleur moyen de traduire ce que j’imaginais. C’est donc ce que j’ai utilisé ici. Nous avons tourné un court film avec une caméra numérique.
J’ai voulu cependant garder un aspect numérique et ce, en agrandissant au maximum l’image vidéo pour laisser apparaître les pixels.
Le film existe, mais son contenu n’est pas le plus important.
Ce qui m’intéresse, c’est de créer des liens avec le spectateur. La vidéo sert de fil, elle est là pour donner envie au spectateur de créer ses propres liens avec l’œuvre. De par son attitude, sa présence, son absence…
Son objet est d’attirer des personnes vers le même lieu et de les inciter à se pencher sur elles-mêmes et sur les autres. Cet autre prenant vie à travers l’écran. S’il y a rencontre, des liens se tissent, des fils se déroulent, donnant l’espoir d’une nouvelle rencontre.
Le spectateur est là pour retenir le film/fil.
La rencontre est montrée dans sa fragilité, tout peut arriver, comme rien.
Un simple « recule » et tout bascule. Ainsi, la personne présente physiquement, mais non impliquée, ne donne pas naissance à l’œuvre, qui reste silencieuse, morte avant même de naître.
Le spectateur part sans rien voir et demeure en état de frustration, comme cela arrive dans la non-rencontre.
Par contre, si le spectateur reste « actif » dans le sens d’être à l’écoute, d’aller vers l’autre, alors le film pourra prendre vie et se dérouler.
Mais il restera toujours dans une instabilité, dans une incertitude.
Les liens sont fragiles, ils demandent à être alimentés en permanence…

 
-Environnement Interactif-1999-
 
 
J'AIME CE BLANC AVANT TOUT...

 

     

 

 

 
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